7035309_part-par-par6163202-1-1-0_1000x625

Des voitures autonomes aux robots industriels, l’IA s’invite dans notre quotidien mais la réalité sur cette innovation est loin des clichés hollywoodiens. Démythification avec un expert français installé dans la Silicon Valley

7035309_part-par-par6163202-1-1-0_1000x625

Dans la saga «Terminator», l’intelligence artificielle Skynet prend le contrôle de l’arsenal nucléaire américain, détruit la planète et seuls les androïdes et quelques humains survivent à l’horizon 2029. Faut-il craindre un tel scénario ? Oui, les robots de Google fonctionnent avec une certaine autonomie et les voitures se garent toutes seules mais le robot indépendant qui se rebelle contre son créateur devrait encore rester de la science-fiction pendant quelques décennies.

« Je ne suis pas inquiet de voir un Terminator rentrer chez moi dans un court délai » s’amuse Grégory Renard, professeur de mathématiques et patron de Xbrain. Sa start-up a conçu un ordinateur de bord intelligent pour les voitures comme sur la célèbre Tesla.

Nous avons rencontré ce spécialiste français de l’Intelligence artificielle sur le campus de l’université Stanford (Californie) où des petits génies imaginent le futur. Mais tout ne se passe pas pour une fois dans la Silicon Valley. La France et son école de Mathématiques reconnue ont une belle carte à jouer sur ce nouveau marché porteur où les Etats-Unis et la Chine fourbissent leurs algorithmes. Entretien avec un expert installé aux Etats-Unis depuis 5 ans.

Qu’est-ce que c’est l’intelligence artificielle (IA) en 2017 ?
Grégory Renard. Il y a deux approches, l’une est hollywoodienne et intéressante car elle montre là où on va avec des films plausibles comme « Her » (ndlr : où une assistante personnelle virtuelle accompagne le personnage principal dans son quotidien). Sinon plus réaliste, l’intelligence artificielle est essentiellement concentrée sur le « big data » et le traitement de millions de données.

Cela passe par exemple par la classification d’images et l’ordinateur peut distinguer un chat d’un chien après lui avoir soumis suffisamment d’images pour qu’il apprenne. C’est ce qu’on appelle le « machine learning » ou le « deep learning ».

Quels sont les enjeux actuels pour l’IA ?
L’un des enjeux est la vitesse à laquelle elle se déploie, grandit et s’améliore. Cela passe par une amélioration des algorithmes qui traitent de plus en plus de données. Il faut s’attendre à une profonde évolution des métiers. Comme le dit le professeur de Stanford, Andrew Ng, l’IA est comme l’électricité et va engendrer la même rupture que l’électricité a pu créer par le passé. Il n’y aura pas un métier qui sera épargné sur les deux prochaines décennies.

Dans l’imaginaire collectif, il y a à la fois la peur du Terminator mais aussi la perspective de destructions d’emplois. Que répondre à cette crainte ?
C’est comme pour la voiture et le moteur à énergie fossile qui étaient dénoncés pour leur dangerosité. Tout le monde l’utilise aujourd’hui. Comme toute technologie qui provoque des changements majeurs, il y a trois étapes. Tout d’abord, l’incrédulité, ensuite vient la peur de la destruction et enfin la reconnaissance de la logique de cette évolution. D’habitude, cela s’étale sur plusieurs décennies mais cela va cette fois beaucoup plus vite.

Quelle place la France pourrait-elle prendre sur l’échiquier mondial de l’intelligence artificielle ?
La France peut prendre une place majeure. Il faut que le pays embrasse cette opportunité car la communauté de l’IA dans la Silicon Valley est majoritairement française et francophone. Parce que nous formons très bien aux matières nécessaires dans ce domaine comme les mathématiques. La France doit être un exemple au niveau européen et mondial car elle peut promouvoir une IA éthique.

L’enjeu est aussi de ne pas laisser le monopole aux Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple) et à un usage commercial…
Tout le monde devrait pouvoir y accéder comme pour l’électricité. Je n’ai pas de jugement sur les Gafa car des personnes comme le Français Yann Le Cun chez Facebook vont faire avancer la technologie. Ce sont des ingénieurs qui tentent de résoudre un problème et popularisent ensuite leurs innovations. Il faut encourager cette évolution.

Source: leparisien.fr – 5/07/2017

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par axileo
Charger d'autres écrits dans News Techno

Laisser un commentaire

Consulter aussi

OK Go veut stocker un album dans de l’ADN

Le groupe OK Go s’est rapproché d’un biochimiste pour synthétiser l’enco…