Fintech : chaque banque cherche sa start-up

7 août 2017

News Techno

Après des années de défiance, les banques voient désormais les start-up de « fintech » comme des sources d’opportunités et des partenaires potentiels.

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Le terme « fintech » vient de la contraction de « finance » et « technologie ». Il désigne les start-up innovantes qui utilisent les nouvelles technologies pour repenser les services bancaires et financiers. Les banques traditionnelles envient leur dynamisme, leur esprit de conquête et leur sens de l’expérience client, quand les fintech jalousent leurs moyens financiers et leur clientèle. Les rapprochements entre les deux se sont accélérés à partir de 2015 quand le Crédit mutuel Arkéa a racheté Leetchi (plateforme de cagnottes en ligne). Dans la foulée, la BPCE a acquis le Pot Commun (même concept que Leetchi) puis la banque mobile Fidor, le Crédit agricole est entré au capital de Linxo (une application pour gérer son budget), la néobanque Morning a été rachetée par la banque Edel (filiale du groupe E. Leclerc), etc. En 2017, les alliances de ce type ont explosé. Focus sur cinq d’entre elles.
Pumpkin, rachetée par le Crédit mutuel Arkéa

« Le remboursement entre amis gratuit, instantané et sécurisé », c’est le slogan de Pumpkin, start-up lilloise passée entre les mains du Crédit mutuel Arkéa. La banque compte acquérir 80 % du capital de la fintech. Les trois cofondateurs – Hugo Sallé de Chou, Constantin Wolfrom et Victor Lennel – conserveront les 20 % restant. « Si on arrête de grossir, on meurt. En s’alliant au Crédit mutuel, on se donne juste les moyens de nos ambitions », explique Hugo Sallé de Chou. Créée en 2014, Pumpkin s’est rapidement imposée parmi son cœur de cible : les jeunes, attirés par cette nouvelle sorte de réseau social de paiement aux fonctionnalités communautaires. On peut, par exemple, faire directement les comptes d’une soirée entre amis sur l’application ou laisser un petit mot avec un virement. La start-up revendiquait 100 000 utilisateurs fin 2016, puis 250 000 quelques mois plus tard, en juillet. Sur la même période, les transactions mensuelles sont passées de 3 à 5 millions d’euros. Pour utiliser l’application, il suffit d’avoir le numéro de téléphone du destinataire ou d’être ami avec lui sur Facebook.
Le Compte Nickel, rachetée par la BNP Paribas

Le Compte Nickel permet à n’importe qui d’ouvrir un compte chez un buraliste, avec seulement une pièce d’identité et un numéro de téléphone. Le client reçoit un RIB et une MasterCard après l’activation de son compte 100 % connecté (c’est-à-dire qui permet l’envoi d’alertes par courriel et par SMS). C’est la Financière des paiements électroniques (FPE), fondée par Ryad Boulanouar et Hugues Le Bret, qui a créé ce service bancaire d’un nouveau genre en 2014. En avril, la BNP Paribas a acquis 89,1 % de la FPE. Une prise de participation majoritaire qui sera bientôt portée à 95 %. Les 5 % restant sont détenus par la Confédération des buralistes. La transaction s’élèverait à plus de 200 millions d’euros pour cette start-up qui compte déjà quelque 650 000 clients et 2 700 buralistes partenaires. « Cette alliance était un vrai choix. On avait levé 40 millions d’euros sur 8 levées de fonds avec 140 investisseurs, mais il nous fallait un relais pour continuer à se développer. Et c’est avec les banques que nous avons le plus de synergies, assure Hugues Le Bret. La transformation digitale du secteur bancaire, elle, vient d’une prise de conscience, depuis 18 mois, de l’hyper-urgence de la situation par rapport au règlement européen. »
KissKissBankBank & Co, rachetée par la Banque postale

La Banque postale s’est offert KissKissBankBank & Co (le « & Co » fait référence à Hellomerci et Lendopolis, deux autres services développés par la start-up), la plateforme de financement participatif numéro 1 en France, le 28 juin dernier. Le service permet à des particuliers de financer, avec ou sans contrepartie, des projets « créatifs et innovants » dans des domaines aussi variés que la musique, le cinéma, l’écologie ou l’éducation. Créée en septembre 2009, la start-up fintech a donc décidé de s’unir à un acteur majeur de l’écosystème bancaire français. L’objectif, pour le fondateur et PDG Vincent Ricordeau, est que « cette alliance (les) emmène vers (leur) projet ultime : être la banque de demain ». KissKissBankBank est déjà leader sur son secteur avec pas moins de 1,3 million de membres pour 27 000 projets financés et 90 millions d’euros récoltés. Pour Vincent Ricordeau, « KKBB devient une filiale de la Banque postale, c’est un échange de bons procédés. La force de leur réseau va nous permettre d’atteindre plus facilement toutes nos cibles (particuliers, associations, entreprises, etc.). D’une manière générale, les fintech et les banques se rapprochent, car elles ont désormais les mêmes contraintes. Avec la Banque postale, nous étions déjà partenaires depuis six ans, on peut le voir comme un mariage après une longue période de fiançailles. »
Daleny, rachetée par Natixis

Dalenys a été rachetée par Natixis (la filiale de banque d’investissements du groupe BPCE) pour 160 millions d’euros. Dans un premier temps, Natixis a acquis 50,04 % du capital auprès du fondateur, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, et va prochainement lancer une OPA sur le solde du capital. La start-up créée en 2002 est spécialisée dans les solutions de paiements pour les e-commerçants, sous la marque Be2bill. En forte croissance, cette activité a généré un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros au premier trimestre 2017. Les flux de paiements encaissés via Be2bill approchent des 3 milliards d’euros par an. Natixis a acquis Dalenys avec l’ambition de devenir l’un des leaders européens des paiements. « Nous savions que nous ne pourrions réussir à disrupter l’industrie des paiements qu’en réussissant le mariage des développeurs, des statisticiens et des banquiers. Natixis est un partenaire naturel et industriel avec lequel nous avons plus de cinq ans d’histoire commune et dont nous partageons l’ambition », justifie son directeur général Thibaut Faurès Fustel de Coulanges.
Credit.fr, rachetée par Tikehau Capital

Le lendemain du rachat de KissKissBankBank par la Banque postale, une autre plateforme de financement participatif a également changé de mains. Il s’agit de Credit.fr, spécialisée dans le « crowdlending », le prêt aux TPE–PME, rachetée pour 12 millions d’euros par la société de gestion d’actifs et d’investissements Tikehau Capital, qui gère plus de 10 milliards d’euros d’actifs. Les prêteurs peuvent être des particuliers qui veulent diversifier leur portefeuille ou des entreprises qui souhaitent investir leur excédent de trésorerie. Les prêts sont d’une durée moyenne de 47 mois avec un taux d’intérêt de 7,5 %. Depuis son lancement en mars 2015, la start-up a financé 230 projets, grâce à plus de 13 000 prêteurs qui ont réuni quelque 14 millions d’euros de financement. « Avec l’appui de Tikehau, on gagne à la fois en crédibilité et en puissance de frappe pour des dossiers qui nécessitent des financements plus importants », explique Brice Vimont, responsable du pôle financement chez Credit.fr

Source: QUENTIN SOUBRANNE – 05/08/2017 – lepoint.fr

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