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Katie Bouman, 29 ans, a mené les recherches autour de l’algorithme ayant permis de réaliser le cliché du trou noir supermassif, M87*.

SCIENCE – La prise de cette photo historique a nécessité un télescope virtuel grand comme la Terre et la mise en commun de l’intelligence de centaines de chercheurs internationaux. Mais sans une personne en particulier, la scientifique Katie Bouman, la première image d’un trou noir n’aurait peut-être pas existé.

Ce que les internautes se sont amusés à comparer à Sauron du “Seigneur des anneaux” est le résultat d’un projet lancé 15 ans plus tôt. Équivalent du boson de Higgs ou des ondes gravitationnelles en termes d’avancée scientifique, la photo du M87*, trou noir supermassif située au centre d’une galaxie proche de la nôtre (mais à 50 millions d’années-lumière de la Terre quand même), a été rendue possible par Katie Bouman, alors étudiante du Massachusetts Institute of Technology (MIT), l’une des meilleures universités du monde spécialisée dans les sciences et technologies.

Comme l’a écrit l’un des comptes Twitter du MIT, la jeune femme a mené les recherches autour de l’algorithme ayant joué un rôle central dans la prise du cliché.

Source Twitter

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Fusion de milliers de données

Pour comprendre en quoi consistent ses recherches, Katie Bouman avait expliqué lors d’un TEDx que son algorithme, créé en 2016, permet de synchroniser et reconstituer des milliers d’images prises par les huit radiotélescopes répartis sur toute la planète. Pour simplifier, cet algorithme a permis de fusionner toutes les données récoltées par ces télescopes afin de créer une image unique du trou noir.

 Il faut bien comprendre que la masse de données récoltées par les radiotélescopes est gigantesque. Comme le montre cette photo, des dizaines de disques durs ont stocké ces informations.
source Twitter

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Parmi ces informations, la plupart ne permettait pas de reconstituer une image lisible, il a fallu en quelques sortes faire le tri et c’est ce qu’a permis l’algorithme de Katie Bouman.

En juin, quand l’équipe de chercheurs a reçu les données et lancé l’algorithme, le suspense était à son comble. “Nous avons tous regardé les images apparaître sur nos ordinateurs. L’anneau est apparu tout simplement. C’était incroyable”, raconte au Time la jeune femme de 29 ans. Son sourire au moment où le trou noir s’est affiché sur son ordinateur en dit long sur la joie qu’elle a pu ressentir.

“Role model”

Quand elle a rejoint l’équipe du MIT, constituée en très grande majorité d’hommes, Katie Bouman était en master et ne connaissait rien aux trous noirs. Mais elle dit avoir une passion “pour voir ou mesurer des choses qui sont invisibles”.

Depuis, elle a terminé sa thèse et elle-même n’en revient pas de la qualité de l’image du trou noir. “Même si nous avons travaillé sur ce projet pendant des années, je ne pense pas qu’un seul d’entre nous s’attendait à obtenir cet anneau aussi facilement. On s’attendait à une forme floue”, explique-t-elle au Time.

Inutile de préciser que la photo du trou noir ne tient pas qu’à elle. Mais Katie Bouman a joué un rôle de taille dans cette avancée scientifique et, alors que les femmes ne représentent qu’environ 30% des chercheurs dans le monde, elle peut représenter un modèle pour des millions de jeunes filles.

C’est certainement la raison pour laquelle, sur les réseaux sociaux, son travail a été autant applaudi.

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